Conçu par Samsung et Google, le Galaxy Nexus embarque le tout nouvel Android 4.0. Un échantillon du futur sur écran géant. Le Galaxy Nexus réveille notre curiosité, engourdie depuis des mois. Son magnifique écran est comme un écrin qui abriterait une petite perle, Android 4.0 “Ice Cream Sandwich”. Le système d’exploitation de Google est né il y a quatre ans déjà.

Jusqu’à présent, il nous a toujours laissé un goût d’inachevé. Cette époque est révolue. Les menus d’Android 4.0 sont épurés et humanisés. Ils se pilotent avec nettement moins de concentration. Le mérite en revient essentiellement à Google, mais aussi à Samsung qui a participé à l’aventure. Pour le colosse coréen, c’est la deuxième collaboration consécutive avec le géant californien.

Le changement le plus spectaculaire est localisé tout au bas de l’écran : les touches sont chamboulées. Sur les quatre boutons habituels n’en subsistent que deux : accueil et retour. La touche recherche disparaît. Quant au bouton options, il joue à cache-cache. Cette élégante petite touche, composée de trois points verticaux très discrets, s’affiche uniquement quand c’est nécessaire. Une nouvelle touche fait son apparition : multitâche. Elle pourrait changer durablement notre rapport à Android. Grâce à elle, on zappe plus facilement d’une application à l’autre. Ces changements et d’autres clarifient spectaculairement Android. La liste des avancées ergonomiques est tellement longue qu’on ne pourra tout résumer. Tout est ravalé, du bureau aux paramètres, du copier/coller aux notifications, du clavier azerty au téléphone. Les icônes sont plus grandes, plus lisibles, plus faciles à distinguer les unes des autres, et plus belles. Google s’est inspiré de la règle d’or d’Apple : « aussi peu de boutons que possible » et « à chaque fonction un chemin unique ». Certains menus demeurent légèrement déroutants, mais les progrès sont bluffants. Les fabricants de mobiles respecteront-ils cet esprit ou surchargeront-ils Android de surcouches alambiquées ?

Personnalisez-moi !

La vision de Google est maintenant claire et cohérente. L’atout maître d’Android est la souplesse. Google incite fermement l’utilisateur à personnaliser le bureau, désormais quasiment vierge. L’écran semble dire : « Remplissez-moi ! » Au premier démarrage, une courte présentation y incite d’ailleurs. Les widgets sont plus faciles à dénicher qu’auparavant. Ils sont rangés juste à côté des applications. Impossible de les rater. Les dernières applications téléchargées s’invitent automatiquement sur le bureau. Le menu d’applications ne devrait plus servir qu’exceptionnellement, comme une “armoire à programmes”. L’OS Google est définitivement plus dégourdi que l’OS Apple. Mais nous avons deux regrets : la qualité des widgets stagne et les possibilités de personnalisation d’Android progressent peu. Google reprend les idées introduites par Samsung et Sony Ericsson. On peut redimensionner les widgets. On peut remplacer les programmes de la barre d’applications. On peut créer des dossiers façon iPhone, en glissant une application sur une autre.

Internet décevant

Tout n’est pas rose sous Android 4.0. Le navigateur web ne convainc pas totalement. Certes, son ergonomie progresse nettement. Des fonctions innovantes font leur apparition. On peut mémoriser les pages pour les lire hors connexion. On bascule facilement de la version mobile à la version PC d’un site web. Mais le défilement des pages est toujours moins naturel que sur iPhone. Les textes sont parfois trop petits. Quant au redimensionnement des paragraphes, il demeure erratique. Le clavier virtuel est trop proche des touches accueil et retour. Lorsqu’on tape une adresse web, le doigt glisse facilement. On se retrouve expédié sur la page d’accueil. Et que dire du zoom qui coupe toujours les paragraphes ? Le surf demeure paradoxalement plus agréable sur le petit écran d’un iPhone. Le logiciel d’e-mails est largement amélioré, mais la configuration des e-mails est toujours laborieuse. Et les options de synchronisation ne valent pas celles des smartphones Motorola. Quant aux réseaux sociaux, ils sont présents, mais sans flux social unifié Facebook, Twitter, LinkedIn. Côté communications, le Galaxy Nexus est largement distancé par le Motorola RazR.

Un bel écrin

Revenons au mobile lui-même. Le Samsung Galaxy Nexus est particulièrement plat et plutôt léger (137 grammes). Il est habillé d’une robe “passe-partout” gris moyen. Sa beauté ne se révèle que lorsqu’on allume l’écran. Les menus avant-gardistes d’Android 4.0 ravivent son style. Le magnifique écran 4,65” du Nexus y est pour beaucoup : c’est le meilleur afficheur jamais testé. Ses noirs sont d’une insondable profondeur, ses couleurs sont vives et chaudes, sa résolution est exceptionnelle : 316 ppp contre 330 pour l’iPhone. Sa résolution record de 1280 x 720 pixels est idéale pour regarder des films HD 720p. Seule sa luminosité n’est pas digne d’un superlatif.

Étrangement, le Galaxy Nexus n’est guère plus large qu’un Galaxy S2. Ses rebords recourbés le rendent même plus agréable en main. Cet exploit cache un secret. L’écran du Nexus est particulièrement étiré en hauteur pour laisser place aux boutons virtuels, situés au bas de l’écran, dans une bande de 8 millimètres de haut. Ils remplacent les boutons physiques, chassés à tout jamais des smartphones Android. Ces touches virtuelles ne quittent presque jamais l’écran. Elles s’escamotent uniquement lorsqu’on lit une vidéo. L’espace envahi est donc quasiment perdu pour l’utilisateur. On devrait parler d’un écran 4,5” plutôt que d’un écran 4,65”. Le Galaxy Nexus souffre d’un problème ergonomique courant pour les mobiles à écran géant. Sa surface tactile est tellement grande qu’on peine à la parcourir avec le pouce – à moins d’avoir des doigts de basketteur. On est souvent forcé de tenir le mobile de la main gauche pour le piloter de la main droite. C’est le prix à payer pour profiter d’une image spectaculaire.

Côté multimédia, le Galaxy Nexus surprend agréablement. Ses photos 5 mégapixels valent presque celles du Galaxy S2. Les trois quarts des smartphones 8 mégapixels font moins bien. Les vidéos 1080p sont excellentes. Le baladeur audio-vidéo est simple et agréable. Presque tous les formats vidéo sont lus. Le son et l’image sont excellents. Mais la mémoire de 16 Go, non extensible, ne suffira pas à tout le monde. Sur l’écran géant du Samsung, les jeux sont très agréables. Mais beaucoup de titres passent en basse résolution. Certains buggent même. Une application sur cinq souffre de problèmes d’incompatibilité avec Android 4.0. Ces soucis sont gênants, mais vont rarement jusqu’au plantage total. Gageons qu’ils seront rapidement corrigés.

Le processeur double cœur du Galaxy Nexus n’obtient que 1624 points au test Quadrant, contre 3467 pour le Galaxy S2. Sa fréquence d’horloge est identique : 1,2 GHz et son processeur graphique est dépassé. Pourtant, les menus du Nexus sont remarquablement fluides, même surchargés de widgets. La batterie du Nexus tient une trentaine d’heures. En l’éteignant la nuit, on peut espérer deux jours d’autonomie. La qualité sonore de Nexus en conversation est excellente des deux côtés.

En détail :

Le bouton multitâche affiche les applications récentes en cascade. On peut effacer n’importe laquelle d’un glissement du doigt. Chassée de l’écran, l’application ne disparaît toutefois pas toujours de la mémoire.

Les dossiers sont désormais plus pratiques et plus esthétiques. On les crée comme sur iPhone, en glissant une application sur une autre. On peut insérer un dossier dans la barre d’applications. Sony Ericsson a fait école.

On peut déverrouiller Android par reconnaissance faciale. Mais, de temps en temps, l’authentification échoue. Il suffit alors de taper un code à quatre chiffres pour déverrouiller. Bon à savoir : une photo du propriétaire suffit souvent à tromper le mobile.

Les applications sont rangées par pages, comme chez Sony Ericsson et Samsung. Impossible de les classer comme sur iPhone. Les widgets sont logés juste après les applications : il suffit de tourner les pages.

La barre de notifications est plus claire, plus sobre. Une fois ouverte, on peut chasser les notifications d’un simple glissement du doigt, une par une. Il reste impossible de régler les notifications finement comme sur iPhone.

La reconnaissance vocale commet moins d’erreurs lorsqu’on lance une recherche Google ou quand on dicte un SMS. L’orthographe est en progrès. Mais l’assistant personnel est incomparablement moins performant que Siri.

 

(Galaxy S2 en haut / Galaxy Nexus en bas)

Les photos du Galaxy Nexus sont difficiles à distinguer de celles du Galaxy S2. Elles sont un rien plus froides et moins fines. Mais elles demeurent très bonnes en journée comme sous l’éclairage d’une ampoule. On ne le dira jamais assez, cinq bons mégapixels valent nettement mieux que huit mégapixels moyens.

Lorsqu’on rejette un appel, on peut envoyer un SMS d’excuse au correspondant en deux clics. Quand le téléphone sonne, il suffit de glisser le doigt vers le haut, puis de cliquer sur le SMS souhaité. Astucieux ! Google propose cinq messages. Vous pouvez en imaginer un sixième.

Les geeks apprécieront cette petite sucrerie. Leur consommation 3G est détaillée application par application. On peut définir un seuil d’alerte et un autre de blocage. Les gros consommateurs de data en seront ravis. Dans le même esprit, les usages de la batterie sont décortiqués application par application.

En conclusion

Pour la majorité des utilisateurs, le Galaxy Nexus est clairement le meilleur smartphone Android du moment. Mais n’oublions pas que son atout maître, Android 4.0, sera bientôt présent sur tous les smartphones Android récents. On pense notamment au Motorola RazR qui recevra une mise à jour dans les mois qui viennent. Ce mobile bat le Nexus sur trois points : la mémoire, les outils de communication et les possibilités de personnalisation. On pense aussi au Samsung Galaxy S3 attendu pour les prochains mois, à la fiche technique impressionnante. Le Galaxy Nexus n’a pas le monopole d’Android 4.0.

Les +

- Écran magnifique

- Android enfin abouti

Les -

- Format XL

- Outils de communication

Caractéristiques techniques

PRIX   520 €

DIM.     136 x 68 x 9 mm

POIDS            135 g

TAILLE éCRAN         4,65 pouces

NOMBRE DE COULEURS            16 millions

RéSOLUTION          1280 x 720 pixels

BANDES        Pentabandes

3G/3G+          Oui/Oui

BLUETOOTH/Wi-Fi/GPS    Oui/Oui/Oui

APPAREIL PHOTO  5 mégapixels

LECTURE AUDIO/VIDéO   Oui/Oui

ENREG. VIDéO        1920 x 1080 pixels

MéMOIRE INTERNE           16 Go

OS      Android 4.0 Ice Cream Sandwich

AMPéRAGE   1750 mAh

DAS    0,303 W/Kg

AUTO APPEL/VEILLE          8 h 20 / 270 h

AUTONOMIE TESTéE         33 h

 

Test réalisé par Nicolas Six