Arrivée juste avant l’été dernier, la première mouture de l’Asus Transformer faisait déjà figure de tablette Android ultime avec ses caractéristiques techniques au top et surtout un dock clavier particulièrement astucieux.

Pour la fin de l’année, le constructeur taïwanais entend bien enfoncer le clou avec une évolution majeure qui se distingue, du point de vue sémantique, simplement par l’ajout d’un Prime dans sa dénomination.

La philosophie demeure identique. Nous retrouvons donc la station d’accueil qui combine un clavier mécanique chicklet semblable à celui d’un netbook, une connectique supplémentaire (un lecteur de carte SD et une prise USB maître) et, cerise sur le gâteau, une batterie. Cette dernière se combine à celle intégrée à la tablette proprement dite pour permettre à Asus d’annoncer une autonomie hors norme : 18 heures en lecture vidéo.

La tablette vient se ficher tout naturellement sur un berceau qui se verrouille automatiquement. Un petit bouton permet de désolidariser l’ensemble le moment venu.

Le design sort grandi de l’utilisation d’aluminium brossé, une utilisation généralisée pour la tablette, mais également pour le clavier. Une finition parfaite avec des ajustements parfaits. Du bien bel ouvrage. Asus est parvenu à réduire encore l’encombrement de sa tablette. La Prime mesure ainsi 263 x 180,8 x 8,3 mm contre 271 x 171 x 13 mm à la première Transformer. Le poids également a subi une cure drastique puisque la tablette a perdu quasiment 100 grammes.

Ce premier examen statique est plus que positif avec cependant un petit bémol : utilisée avec son clavier, la Transformer n’est pas équilibrée, le poids étant concentré sur l’arrière.

La vitesse supérieure

Du point de vue technique, la Transformer Prime marque la première concrétisation de l’arrivée de la nouvelle génération de processeurs mobiles NVIDIA, un Tegra 3 vient ainsi succéder au Tegra 2 de la première Transformer.

La plateforme Tegra 3 est la première solution mobile quadricœur à être effectivement commercialisée. Les chiffres annoncés par ses concepteurs ne laissent planer aucun doute avec une puissance multipliée par cinq par rapport au Tegra 2, une consommation électrique réduite, une section graphique trois fois plus performante (et compatible avec la visualisation de vidéos 3D stéréoscopiques)… NVIDIA annonce que son nouveau bébé tient tête à un processeur Intel Core 2 Duo T7200.

Pour parvenir à de tels résultats, les ingénieurs de NVIDIA ont trouvé une solution particulièrement astucieuse. Les quatre cœurs, dont la fréquence peut atteindre 1,4 GHz lorsqu’ils sont fortement sollicités, ne sont pas utilisés dans les tâches les plus courantes comme la lecture vidéo ou audio, ou encore la veille. Dans ces situations, un cinquième cœur entre en jeu, un joker qui prend le nom de “Companion Core” dont la gestion et l’activation sont totalement transparentes pour le système d’exploitation. NVIDIA illustre ce fonctionnement inédit au travers de différents scénarios d’usage. Pour le jeu, les quatre cœurs principaux sont actifs avec des fréquences variant de 0 à 1,3 GHz. Lorsque vous surfez sur un site web incorporant du Flash, deux cœurs sont utilisés dans une gamme de fréquences identique. S’il n’y a pas de Flash, un seul cœur est nécessaire et sa fréquence pourra atteindre 1,4 GHz. En veille active, le Companion Core est suffisant. Sa fréquence varie de 0 à 500 MHz.

Cette gestion énergétique particulièrement sophistiquée permet à NVIDIA d’annoncer une autonomie en net progrès.

Une section graphique revue

La partie graphique de la plateforme Tegra 3 a elle aussi été revue de fond en comble. Elle se compose désormais de douze cœurs pour des performances globales multipliées par trois. La prise en compte de nombreux effets supplémentaires, notamment en matière d’effets physiques, d’éclairage dynamique…, devrait offrir aux développeurs de jeux des perspectives énormes. NVIDIA dévoile le programme : plus de quinze jeux optimisés pour sa nouvelle plateforme mobile seraient en cours de développement. Nous pouvons citer Big Top THD, Bladeslinger, Da Vinci THD ou encore Chidori. Spécialité de NVIDIA, le jeu vidéo est particulièrement à l’honneur. Par exemple, vous pourrez connecter une manette PS3, Xbox 360 ou Wii sur votre tablette. Et pour voir la vie en grand, celle-ci pourra être reliée à votre écran plat via une sortie HDMI 1.4 qui sera capable de véhiculer des flux vidéo 3D de très haute qualité avec le support du 1080p High Profile 40 Mbps, soit l’équivalent des meilleurs Blu-ray. Le son n’est pas en reste avec la prise en compte du 7.1.

Nous n’avons pu résister aux lancements de quelques benchs, plaçant la Transformer Prime face à la Samsung Galaxy Tab 10 dotée d’un Tegra 2. En puissance processeur pure, la suprématie du Tegra 3 est sans appel. Le score obtenu avec Antutu Benchmark impressionne puisqu’il est 1,5 fois supérieur pour le CPU à celui du Tegra 2. La bande passante de la mémoire vive est également multipliée dans les mêmes proportions. Pour la section graphique, Antutu estime le progrès à environ 40 % pour la 3D tandis qu’en 2D la note est stable. Concrètement, cela donne quoi ? L’exécution du JavaScript des pages web mesurée par Sunspider donne un gain de vélocité de l’ordre de 20 %. NVIDIA met en avant l’application Photaf Panorama THD qui serait particulièrement optimisée pour les environnements multicœurs. Les traitements sont nettement plus rapides, quasiment deux fois.

Une autonomie exceptionnelle

Encore plus fort, tout ceci est obtenu en ménageant une autonomie tout bonnement exceptionnelle. Nous avons lancé le test Battery Benchmark qui est censé reproduire une utilisation moyenne utilisant Wi-Fi, Bluetooth, GPS et avons attendu… longtemps, très longtemps puisque la tablette d’Asus s’est éteinte au bout de 14 heures. Dans le même exercice, la Samsung Galaxy Tab échoue sous la barre des 8 heures. Ces mesures ont été obtenues avec la seule batterie de la tablette. Il est donc possible de faire encore mieux en la combinant avec l’accumulateur intégré à la base clavier. Potentiellement, les 20 heures pourraient être à la portée de cette tablette. Asus pour sa part annonce une autonomie de 12 heures en lecture de vidéos HD contre 8,5 heures pour la Transformer première du nom. Pour optimiser encore sa tablette, Asus propose, à l’instar de ce qu’il fait sur ses PC portables, des profils d’utilisation permettant d’optimiser en fonction de son usage puissance ou durée de vie de la batterie. Le passage de l’un à l’autre se fait d’un clic dans la zone de notification.

Les autres changements

L’écran, protégé par une dalle Gorilla, conserve une diagonale de 10,1 pouces et sa résolution de 1280 x 800 pixels. Il offre un rendu tout simplement parfait avec désormais une technologie Super IPS+ permettant de nettement augmenter la luminosité qui passe alors de 380 à 600 nits. Idéal pour une utilisation à l’extérieur. Autre changement, l’appareil photo passe de 5 à 8 mégapixels et gagne en luminosité avec une ouverture de 2,4. Il demeure cependant moyen avec un bruit assez prononcé et une gestion du flash pour le moins brutale. Il peut par ailleurs désormais capturer des vidéos en 1080p (720p auparavant).

La connectique de la tablette se compose d’un emplacement pour une carte mémoire microSD et d’une sortie vidéo au format micro-HDMI. Sur la station, vous ne trouverez plus qu’une prise USB 2.0 contre deux à la première Transformer ainsi qu’un lecteur de cartes SD. Bluetooth 2.1 et Wi-Fi 802.11n demeurent présents. Pour le stockage, deux capacités seront proposées : 32 et 64 Go.

Détails

La sortie micro-HDMI est compatible avec la version 1.4 de la norme. Elle permet une fois branchée à un écran compatible de faire transiter des vidéos haute définition 3D.

Le système de charnière retenu par Asus est à la fois simple et efficace. Quant à sa fiabilité dans le temps, il est trop tôt pour en avoir une idée, mais la première Transformer n’a connu aucun problème.

 

Petite déception : si la prise USB du clavier peut accepter sans sourciller une souris, elle ne prend pas en charge un support mémoire amovible comme une simple clé USB. Dommage, et ce d’autant plus que l’ancienne le faisait.

La Transformer Prime existe également en violet, une finition qui rappelle certains Sony Vaio d’il y a quelques années. Pour notre part, nous préférons la version alu brute que nous avons reçue pour notre test.

En conclusion

Magnifique, cette tablette se transforme en quelques secondes en un véritable ordinateur grâce à un clavier comparable à celui d’un netbook. Le touchpad se montre réactif et facilite encore l’utilisation de la Prime. Si pour l’heure il faut se contenter de la version 3.2 d’Android, sachez qu’Asus promet une mise à jour en 4.0 en début d’année 2012. Voilà certainement la tablette la plus aboutie du moment. De plus, son prix nous semble ultracompétitif : 599 euros pour la 32 Go et 699 pour la 64 Go.

Avec sa Transformer Prime, Asus n’est vraiment pas loin de nous proposer la tablette idéale. Puissante, autonome et extrêmement esthétique, elle a tout pour elle à l’exception pour l’heure de l’USB maître et de la 3G.

Les plus

- Qualité de fabrication

- Puissance

- Polyvalence

- Autonomie

Les moins

- Pas de 3G

- Pas d’USB maître

Caractéristiques techniques

PRIX 599 euros (32 Go) – 699 euros (64 Go)

Dimensions : 263 x 180,8 x 8,3 mm

Poids : 586 grammes

Taille écran : 10,1 pouces

Nombre de couleurs : 16 millions

Résolution : 1280 x 800 pixels

Bluetooth/Wi-Fi/GPS : Oui/Oui/Oui

Appareil photo : 8 mégapixels

Lecture audio/vidéo : Oui/Oui

Enreg. vidéo : 1920 x 1080 pixels

Mémoire interne : 32 Go

OS : Android 3.2 Honeycomb

Ampérage : 25 Wah

Autonomie testée : 14 h

TOTAL Note sur 100

92 /100

Test rédigé par Grégory Nguyen